Egon Liberge

"Mon/ma copain/copine ne me désire plus"

Récemment, j'ai lu le livre d'Esther Perel, l'experte en relation, parce que je me posais pas mal de question sur ce sujet.

Voici mes notes du livre sur cette question.

Beaucoup de couples sont surpris quand le désir disparaît alors qu’ils s'aiment.

Les thérapeuthes ne comptent plus le nombre de fois où ils entendent : "On s'aime, on passe du temps ensemble, mais on ne bai** plus ! Cherche sur Reddit et tu trouves une masse de thread du style : “Mon copain ne me désire plus. ” ou bien “Ma copine n’a plus envie de moi.”

Esther Perel, l'experte en relations amoureuse donne une réponse à ça : "Parfois trop d'amour encombre le passage."

Contrairement à la narrative romantique mainstream, le sexe et le désir opèrent sous des lois différentes. Dans les lois du désir on retrouve l'obsession, l'agression, l'objectification, l’envie de posséder et d’avoir un pouvoir sur l’autre. Il suffit de feuilleter un livre comme “Want” de Gillian Anderson, qui recense des lettres anonymes de femmes qui partagent leurs fantasmes. Ce qu'on y lit bien loin des stéréotypes de l’homme attentionné, à l’écoute et des soirées télé.

Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais le désir s’en fout du politiquement correct.

Le sexe a une personnalité à part entière avec ses propres besoins à honorer.

Une meilleure connexion émotionnelle ne garantit pas toujours l’érotisme. Pour beaucoup de couples, l’érotisme est une entité séparée qui n’est pas stimulée par plus de câlins et de soirées Netflix.

Trop de proximité peut réduire l'élément d'autonomie qu’il faut pour désirer l'autre.

Cozy n’est pas sensuel.

Il ne faut pas paniquer si on voit une baisse de désir. Souvent on pense que c’est un signe qu’on aime moins l’autre et on remet nos sentiments en question. Mais justement, c'est souvent le contraire ! Quand on se préoccupe constamment de l’autre, qu’on est collés l’un à l’autre comme 2 chaussettes, on perd le degré d'érotisme vital pour la recherche de plaisir égoïste.

On est moins attiré par quelqu’un qu'on ne perçoit pas comme autonome.

C'est pour ça que les couples doivent rétablir une forme de distance et de différenciation.

Un espace dans lequel le désir peut circuler librement.

C’est dur à avaler la première fois qu’on est confronté à cette idée. Comment ça, l'intime et l'érotique sont séparés ? Comment ça, je dois créer de la distance pour qu’on fasse l’amour ? Comment ça, être agressif et obsessionnel avec la personne que j'aime ?

Mais le désir prend rarement les chemins de la logique de la sécurité.

La psychologue Virgine Golden fait la distinction entre 2 formes de sécurités :

La sécurité flaccide du cocon cozy. Et la sécurité dynamique d'un couple qui cultive une certaine distance qui génère une tension. Ils n’évitent pas le conflit, ils explosent et se rabibochent ensuite. Maintenir l'intérêt dans une relation c’est une question de tolérer un certain degré de séparation et les insécurités que ça provoque. Au lieu de toujours viser la proximité, c’est plus sage que les partenaires cultivent un degré d’indépendance et d’individualité.

Il y a une notion de développer et de préserver une relation intime avec soi-même, aussi bien qu’avec l’autre, pour contrebalancer le couple.

Si ça t'intéresse, j'ai fait un podcast entier sur les conseils d'Esther Perel pour les couples. Le lien est Ici